Le paradis du paradoxe

Les États-Unis ont un sens élevé du paradoxe.  Et les exemples abondent.

LA PLANETE : Ils ont été l’un des premiers pays à mettre en place des parcs naturels, et donc à vouloir préserver l’environnement. Yellowstone (1872), Yosemite (1984), et la liste de ces endroits éloignés de toute dévastatrice civilisation est longue. C’est joli, c’est vert, y a des rochers, on ne voudrait pas détruire tout ça.

Et de l’autre côté, l’environnement au sens durable du terme est le cadet de leurs soucis. Fraction des gaz de schiste,2328 voitures par habitants, air conditionné à volonté, refus de signer le protocole de Kyoto, rachat du droit à polluer des pays n’ayant pas ce luxe… Il semblerait que tant que l’environnement est directement lucratif, on s’en préoccupe, sinon, l’avenir ce n’est pas pour tout de suite, alors pourquoi s’en faire ?

LES (IN)EGALITES : Les États-Unis, cela représente encore (même si le temps est compté) la première puissance mondiale. Pays ultra développé, on y trouve les plus grosses fortunes mondiales (d’ailleurs Bill, si tu passes par là : 612-6…), le niveau de vie est élevé, le taux de chômage n’est pas effrayant… Vu comme ça, cela ferait presque rêver. Mais les USA, c’est aussi un taux de pauvreté élevé par rapport à ce qu’on pourrait croire. Le nombre de pauvres est de 46,2 millions (sur 314 millions d’âmes) et le taux de pauvreté de 15 % (source). En effet, pas d’État Providence, donc pas de sécurité. Si vous tombez malade, perdez votre emploi, tout peut aller très vite. La prise en charge de l’État est minimale (même si elle varie en fonction des états).Image

L’IMMIGRATION : Les États-Unis sont un pays d’immigrés. A part les Indiens (qui ne sont plus là pour témoigner), personne ne peut affirmer être 100% américain. C’est le Melting Pot, tout ça est dans vos cours d’anglais de seconde. Le paradoxe provient ici de la façon de traiter les immigrés du XXIe siècle. Premier aperçu : l’aéroport. Mon arrivée à Detroit a été tellement douce et délicate, surtout quand on m’a hurlé d’enlever ce que j’avais dans mes poches, dans le sas à rayons X. La terroriste que je suis avait oublié un mouchoir en papier. Deuxième aperçu : la difficulté d’obtenir un visa, procédure souvent complexe et toujours coûteuse. Et puisque c’est la journée des chiffres : 11 millions de sans-papiers vivent sur le sol américains.

ImageFrida Khalo, « Autorretrato en la frontera entre México y Estados Unidos » 1932

Il suffit d’analyser la frontière mexicaine. Trois mots résument la situation : maquiladorasmurmilice (de texans complètement fous). En d’autres termes termes : BénéficesProtectionLutte anti-Invasion.

Feu Huntington a d’ailleurs écrit un livre sur le danger que représente le monde hispanophone pour l’identité américaine (Who are we? : the challenges to America’s national identity, New York, Simon & Schuster, 2005).

GUNLAND : Ensuite comme je le disais dans un précédent article, tout le monde est gentil et prêt à vous aider. Ce qui est paradoxal dans la mesure où te taux de criminalité est assez élevé, et que le gentil monsieur qui vous laisse passer en tenant la porte, a, peut-être, un revolver accroché à la ceinture… ImageEt dans le même ordre d’idée, on peut laisser ses affaires hors de vue pendant 5 minutes, personne ne va vous les voler. Ironie quand on voit comment agissent les banques et autres fonds américains.

LIBERTE : Home of the brave, land of the free. On peut tout faire. Rouler sans casque? C’est possible ! Téléphoner en conduisant ? C’est possible ! Posséder une kalachnikov ? C’est possible ! En revanche, traverser la route quand le feu est vert, c’est pas bien. Garder son dentifrice supersize à l’aéroport, c’est synonyme de problèmes. Oubliez votre ID pour rentrer dans un bar, vous resterez à la porte, même si vous avez 40 ans. Oui, oui. La logique de certains comportements m’échappe un peu, parfois…

CHOQUER : Il en va de même pour la pruderie. Qui dirait, comme ça, en parlant de la patrie de Lady GaGa et Madonna, que les américains sont prudes ?! Eh bien, c’est vrai ! « Tu sais dire Fuck c’est maaal, c’est vraiment vulgaire ! ». Oui, parce qu’ici, tout mauvais mot est censuré. La chanson de Cee Lo Green, Fuck you devient donc Forget you. A coté de cela, on laisse Lady GaGa (non non je ne suis pas monomaniaque) danser à moitié nue, ou déguisée en none SM. Ce n’est pas censuré. Je me demande quand même (oui, une fille ça s’interroge toujours sur des questions hautement profondes) qu’est-ce qui fait que quelque chose est inappropriée ou non…Image

 

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